Actualités

Des recettes de grand-mère à la microbiologie

29 mai 2015 Partager

Source : La Frontière

Le Centre technologique des résidus industriels (CTRI) du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue a réussi une percée majeure dans le domaine de la valorisation de la biomasse forestière. Une percée qui pourrait déboucher sur un important potentiel commercial.

Pour la première fois, des chercheurs sont parvenus à prouver scientifiquement les propriétés antimicrobiennes et antioxydantes des huiles essentielles extraites de plusieurs essences de conifères.

L’avantage de l’extraction des huiles essentielles, c’est que le procédé ne diminue en rien le pouvoir calorifique de la biomasse. On a donc une double valorisation d’un résidu

Hassine Bouafif

«Ces propriétés étaient connues depuis longtemps, mais jusqu’à ce jour, c’était surtout des recettes de grand-mère. Il n’y avait aucune manière d’expliquer quelle molécule était responsable de telle ou telle action et encore moins de la stabiliser. À l’aide d’une nouvelle approche microbiologique, nous avons réussi à isoler ces molécules», a expliqué Hassine Bouafif, directeur général du CTRI.

Contre les microbes et le cancer

Les recherches ont effectuées à Rouyn-Noranda, à partir d’aiguilles de sapin baumier, d’épinette blanche, d’épinette noire, de mélèze laricin et de pin gris. Elles ont permis de confirmer que l’efficacité des huiles essentielles de conifères contre de nombreux pathogènes microbiens et leurs propriétés antioxydantes étaient comparables à celles des huiles essentielles exotiques, plus populaires.

«Les huiles essentielles de conifères pourraient ainsi être avantageusement utilisées comme ingrédients actifs potentiels dans les produits commerciaux d’hygiène et de soins corporels. Ça ouvre la porte à une production industrielle. Nous collaborons d’ailleurs en ce moment avec une entreprise québécoise spécialisée dans de tels produits», a indiqué M. Bouafif.

Valoriser des déchets

La percée réalisée par les chercheurs du CTRI pourrait aussi déboucher sur une avenue supplémentaire de valorisation des résidus forestiers. Actuellement, on utilise surtout les branches laissées au sol après les opérations de coupe comme combustible dans la production d’énergie.

«L’avantage de l’extraction des huiles essentielles, c’est qu’en plus d’offrir un produit avec un très bon potentiel de commercialisation, le procédé ne diminue en rien le pouvoir calorifique de la biomasse. On peut donc ensuite s’en servir quand même pour la production d’énergie. On obtiendrait donc une double valorisation d’un résidu», a fait valoir Hassine Bouafif.

Comme il faut cependant récolter des aiguilles fraîches pour obtenir des huiles essentielles de bonne qualité, les méthodes de récolte devront être revues.